Un plancher bois réussi ne tient pas à l’esthétique du parquet. Il tient à ce que personne ne voit une fois le chantier terminé, le solivage. Trop souvent sous-dimensionné, parfois surdimensionné inutilement, le solivage est pourtant la clé de la solidité, du confort et de la durabilité d’un plancher.
Le calcul du solivage d’un plancher bois n’est pas réservé aux ingénieurs. Il repose sur des règles claires, des ordres de grandeur précis et une compréhension simple des charges. L’objectif n’est pas de “faire costaud”, mais de faire juste. Un plancher bien calculé ne vibre pas, ne fléchit pas, ne grince pas, et vieillit correctement.
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ToggleQu’est-ce que le solivage d’un plancher bois
Le solivage désigne l’ensemble des solives, ces pièces de bois disposées parallèlement, qui supportent le plancher. Elles reposent sur des murs porteurs, des poutres ou des sablières, et reçoivent directement le plancher, l’isolant et les charges d’usage.
Un solivage bien conçu doit répondre à trois exigences fondamentales :
- résister aux charges sans risque structurel
- limiter la flèche pour éviter l’effet trampoline
- assurer le confort acoustique et mécanique
C’est précisément ce que permet le calcul.
Tableau indicatif de calcul de solivage plancher bois
| Portée des solives | Entraxe | Section courante recommandée |
| 3,00 m | 50 cm | 63 × 150 mm |
| 3,50 m | 50 cm | 75 × 175 mm |
| 4,00 m | 50 cm | 75 × 225 mm |
| 4,50 m | 50 cm | 75 × 250 mm |
| 4,00 m | 60 cm | 75 × 250 mm |
Ce tableau donne des ordres de grandeur pour un usage d’habitation standard.
Pourquoi le calcul du solivage d’un plancher bois est indispensable
Construire sans calcul revient à jouer à la loterie. Un solivage mal dimensionné peut entraîner :
- un plancher qui fléchit visiblement
- des vibrations désagréables à la marche
- des fissures dans les cloisons
- une usure prématurée du parquet
- dans les cas extrêmes, un risque structurel
À l’inverse, un solivage surdimensionné coûte plus cher, alourdit la structure et complique la mise en œuvre sans réel bénéfice.
Le calcul du solivage permet donc de trouver le juste équilibre entre sécurité, confort et coût.
Les données nécessaires pour calculer un solivage de plancher bois
Avant toute formule, il faut rassembler les bonnes informations. Sans elles, aucun calcul n’a de sens.
La portée des solives
La portée correspond à la distance libre entre deux appuis. C’est le facteur le plus déterminant. Plus la portée est grande, plus la section des solives devra être importante.
Une différence de 50 cm peut totalement changer le dimensionnement.
Les charges à prendre en compte
Dans le calcul du solivage d’un plancher bois, on distingue deux types de charges.
Les charges permanentes comprennent :
- le poids du plancher
- les solives elles-mêmes
- l’isolant
- le plafond éventuel
Les charges d’exploitation correspondent à l’usage du plancher :
- personnes
- mobilier
- équipements
En habitation, la norme retient généralement :
- 150 kg/m² pour une pièce classique
- 200 kg/m² pour un usage plus intensif
C’est cette base qui sert aux calculs standards.
L’entraxe des solives
L’entraxe est la distance entre deux solives, mesurée d’axe à axe. Il influence directement la répartition des charges.
Les entraxes courants sont :
- 40 cm pour un plancher très rigide
- 50 cm pour un bon compromis
- 60 cm pour une mise en œuvre économique
Plus l’entraxe est grand, plus la section des solives doit augmenter.
L’essence de bois
Toutes les essences n’ont pas la même résistance mécanique.
Les plus courantes pour le solivage sont :
- sapin ou épicéa
- douglas
- pin sylvestre
Le douglas, par exemple, permet souvent de réduire légèrement les sections à portée égale grâce à sa meilleure résistance.
Calcul solivage plancher bois : règles de base à connaître
Sans entrer dans des formules complexes, certaines règles empiriques permettent déjà d’éviter les erreurs grossières.
Règle simplifiée de hauteur de solive
Une règle très utilisée est :
Hauteur de la solive ≈ portée en cm ÷ 20
Exemple :
Pour une portée de 4 mètres, soit 400 cm, on obtient une hauteur de solive d’environ 20 cm.
Cette règle donne un ordre de grandeur, pas un calcul final.
Rapport largeur / hauteur
Une solive efficace n’est pas carrée. La hauteur est toujours plus importante que la largeur.
En pratique :
- largeur courante : 63 à 75 mm
- hauteur courante : 150 à 250 mm
La hauteur travaille mécaniquement beaucoup plus que la largeur.
Exemple concret de calcul de solivage pour un plancher bois
Prenons un cas réel.
- pièce d’habitation
- portée : 4 m
- entraxe : 50 cm
- charge d’exploitation : 150 kg/m²
- bois résineux standard
Dans ce cas, une solution couramment retenue est :
- solives de 75 × 225 mm
- entraxe de 50 cm
Ce dimensionnement offre un bon compromis entre rigidité, confort et coût.
Si l’entraxe passe à 60 cm, la hauteur devra augmenter. Si la portée passe à 4,50 m, il faudra revoir toute la section.
Calcul de la flèche dans un solivage bois
La flèche correspond à la déformation verticale du plancher sous charge. Même si la structure ne casse pas, une flèche excessive est inconfortable.
La règle admise est :
- flèche maximale = portée ÷ 300
Pour une portée de 4 m, la flèche admissible est donc d’environ 13 mm.
Un solivage bien calculé respecte cette limite, garantissant un plancher stable et agréable.
Cas particuliers à prendre en compte
Le calcul du solivage d’un plancher bois doit être adapté dans certains cas.
- présence d’une cloison sur le plancher
- salle de bain ou pièce humide
- mezzanine
- charges ponctuelles lourdes
Dans ces situations, il est souvent nécessaire de :
- doubler certaines solives
- réduire l’entraxe
- ajouter une poutre intermédiaire
Ignorer ces contraintes est une erreur fréquente.
Dans certains cas, notamment lorsque la portée est importante ou qu’une cloison porteuse doit être reprise, le solivage seul ne suffit plus et l’ajout d’une poutre devient nécessaire. Le raisonnement est alors proche de celui utilisé pour le calcul et le dimensionnement d’un IPN, que nous détaillons dans ce guide dédié.
Erreurs courantes dans le calcul d’un solivage bois
Certaines erreurs reviennent constamment.
- sous-estimer la portée réelle
- oublier le poids des cloisons
- choisir un entraxe trop grand
- privilégier la largeur au détriment de la hauteur
- copier un dimensionnement sans l’adapter
Un solivage ne se copie pas. Il se calcule pour chaque situation.
Faut-il faire valider le calcul du solivage
Pour un projet simple, ces règles suffisent largement. En revanche, dès que l’on sort des cas standards, l’avis d’un professionnel devient pertinent.
Un bureau d’études ou un charpentier pourra :
- valider les sections
- optimiser le coût
- sécuriser le projet
C’est un investissement minime comparé au coût d’une reprise structurelle.
FAQ – Calcul solivage plancher bois
Comment calculer le solivage d’un plancher bois soi-même
Pour calculer un solivage de plancher bois, il faut d’abord connaître la portée entre appuis, l’entraxe souhaité, les charges permanentes et les charges d’exploitation. En habitation, on retient en général 150 kg/m² de charge d’usage. À partir de ces données, on détermine la section des solives en respectant les règles de flèche et les ordres de grandeur usuels. Pour un projet standard, des tableaux de dimensionnement permettent déjà d’obtenir un résultat fiable.
Quelle section de solive choisir pour un plancher bois
La section des solives dépend principalement de la portée et de l’entraxe. Par exemple, pour une portée de 4 mètres avec un entraxe de 50 cm, une section courante est de 75 × 225 mm en bois résineux. Plus la portée augmente ou plus l’entraxe est large, plus la hauteur de la solive doit être importante. La hauteur est toujours prioritaire par rapport à la largeur.
Quelle est la portée maximale d’une solive bois
Les entraxes les plus courants sont 40 cm, 50 cm et 60 cm.
Un entraxe de 40 cm offre un plancher très rigide, idéal pour les carrelages ou les charges élevées.
Un entraxe de 50 cm est le meilleur compromis entre rigidité et coût.
Un entraxe de 60 cm est possible, mais impose des solives plus hautes et un plancher bien dimensionné.
Comment calculer la flèche d’un plancher bois
La flèche correspond à la déformation verticale sous charge. La règle admise est une flèche maximale égale à la portée divisée par 300. Par exemple, pour une portée de 3,60 m, la flèche admissible est d’environ 12 mm. Un solivage bien calculé doit rester en dessous de cette valeur pour garantir le confort et éviter les vibrations.
Faut-il prendre en compte le poids des cloisons dans le calcul du solivage
Oui, absolument. Les cloisons posées sur le plancher constituent une charge permanente supplémentaire. Elles doivent être intégrées au calcul, soit en augmentant la section des solives, soit en doublant les solives sous les cloisons, soit en ajoutant une poutre de reprise. Oublier ce point est l’une des erreurs les plus fréquentes.
Peut-on utiliser les mêmes calculs pour un plancher bois d’étage et un plancher de combles
Non, pas toujours. Un plancher d’étage destiné à être habité doit supporter des charges plus importantes qu’un simple plancher de combles perdus. Les combles non aménagés peuvent être dimensionnés plus légèrement, tandis qu’un étage habitable impose un calcul complet du solivage avec charges d’exploitation réglementaires.
Quelle essence de bois est la plus adaptée pour le solivage
Les bois résineux comme le sapin, l’épicéa ou le pin sont les plus utilisés pour le solivage. Le douglas est particulièrement apprécié pour sa meilleure résistance mécanique, ce qui permet parfois de réduire légèrement les sections à portée égale. Quel que soit le bois choisi, il doit être sec, calibré et conforme aux classes de résistance structurelles.
Faut-il faire valider le calcul du solivage par un professionnel
Pour un projet simple et standard, les règles de calcul usuelles suffisent. En revanche, dès qu’il y a une grande portée, une charge particulière, une mezzanine ou une structure existante à reprendre, l’avis d’un charpentier ou d’un bureau d’études est fortement recommandé. Cela permet d’éviter toute erreur coûteuse à long terme.
